All Power Deceives

  • Robert Chambers
Volume 25 Number 2
Published: May 1, 1994
https://doi.org/10.1111/j.1759-5436.1994.mp25002002.x

Explanations of errors in past development theory and practice include changes in development conditions in professional norms and in modes of learning. How a fourth dimension, power, contributes to error is illustrated by three case studies – Freud and child sex abuse; the animal‐drawn, multi‐purpose, wheeled toolcarrier; and woodfuel gap analysis. Human society can be seen as patterned like a magnetic field, North–South, with powerful uppers and weak lowers. Uppers construct reality and project and transfer it to lowers. Their dominance, distance, and the professional ego generate and sustain misperception, as they generate, accept and interpret information to fit their needs and flatter their self‐esteem, and defend themselves against dissonance. Lower may mirror the reality of uppers, and generate, select, and distort information to fit what they believe uppers want, approve, and will reward. The resulting self sustaining systems of power and misinformation are stable and hinder development. Solutions can be sought in reversals of power relations, changing behaviour and roles, redefining professional values, and enabling the poor, weak and vulnerable better to conduct their own analyses and express their own realities.

Tout pouvoir est décepteur Un grand nombre des erreurs que contenaient les anciennes théories et pratiques du développement avaient pour source les conditions changeantes, les normes professionnelles, les modes d'acquisition des connaissances. Trois études de cas – Freud et l'abus sexuel des enfants; le porte‐outils roulant polyvalent attelé au bétail; et l'analyse des carences en bois combustible, servent dans l'article à démontrer dans quelle mesure un quatrième facteur, celui des rapports de pouvoir, a servi à contribuer à l'erreur. L'on peut considérer que la société humaine se comporte tout comme un champ magnétique allant du Nord au Sud: plus haut on est puissant, plus bas on est faible. Ce sont les plus ‘hauts’ qui déterminent la réalité et qui la projètent et la transfèrent aux plus ‘bas’. La dominance de ces premiers, ainsi que les effets de distance et leur amour‐propre professionnel servent à générer et à alimenter les fausses perceptions. Les ‘hauts’ se défendent contre la dissonnance, alors que les ‘bas’, plus prudents, internalisent et reflètent vers ces premiers la réalité des ‘hauts’: la déception mutuelle servant à préserver l'erreur et les mythes. Certaines solutions sont néanmoins possibles moyennant le renversement des rapports de pouvoir, la modification des comportements et des rôles, la redéfinition des valeurs professionnelles, et en conférant aux pauvres, aux faibles et aux vulnérables le pouvoir qui leur est nécessaire pour pratiquer leurs propres analyses et exprimer leurs propres réalités.

El poder engañoso Muchos de los errores en previas teorías de desarrollo derivan de las condiciónes cambiantes, las normas profesionales y los modos de aprendizaje. Tres casos de estudio‐Freud y el abuso sexual infantil, los vehículos de tracción a sangre usados para tareas agrícolas, y el análisis del deficit mundial de leñailustran cómo un cuarto factor, las relaciónes de poder, contribuye a estos errores. Se puede ver a la sociedad humana en la forma de un campo magnético Norte–Sur, con polos nórdicos poderosos y polos sureños débiles. Los polos nórdicos construyen la realidad para luego proyectarla y transferirla al Sur. La supremacía, la distancia y el ego profesional del Norte generan y mantienen estas percepciónes erróneas. El Norte se defiende contra la disonancia, y el Sur internaliza y reflexiona en la realidad del norte, con engaños mutuos que prolongan mitos y errores. Pero se pueden encontrar algunas soluciónes, como por ejemplo: un giro de 180° en las relaciónes de poder; cambios de comportamiento y de roles; redefinición de valores profesionales, y otorgamiento de facultades a los sectores pobres, débiles y vulnerables para que llevan a cabo sus propios análisis y expresen ellos mismos las realidades de su situación.

From Issue: Vol. 25 No. 2 (1994) | Knowledge is Power? The Use and Abuse of Information in Development